42% des épargnants français placent de l'argent au moins une fois par mois
Un petit peu plus d’épargne de précaution et un peu moins d’investissements de long terme. Les Français s’adaptent avec l’inflation et le ralentissement économique. C’est ce qui ressort du dernier baromètre* 2024 de l’épargne en France et en régions, publié ce mardi 4 juin et réalisé par l’Ifop pour le compte d’Altaprofits, une société de conseil en gestion de patrimoine en ligne.
Sans surprise, le taux d'épargnants reste élevé. Ainsi 85% des Français interrogés affirment détenir un ou plusieurs produits d'épargne (Livret A, PEL, LDDS, assurance-vie, PEA, etc.). Une part relativement stable au fil des éditions de ce baromètre.
Cette enquête nous renseigne aussi sur la fréquence à laquelle les ménages parviennent à placer de l'argent. Ainsi, 94% des Français interrogés (parmi ceux qui possèdent au moins un produit d'épargne) placent de l’argent, dont 75% au moins une fois tous les 6 mois et 42% au moins une fois par mois.
Faire face aux imprévus
Pour ceux qui mettent de l’argent de côté, 75% le font notamment pour faire face à un imprévu, comme une panne de voiture, ou pour pouvoir affronter une éventuelle situation exceptionnelle (perte d'emploi, soutenir un proche). Si on regarde l'évolution des réponses depuis 2020, on constate une légère progression de cette part, qui est passé de 70% à 75% donc.
Inversement, parmi les principales raisons invoquées pour épargner, ceux qui le font en vue d’un projet à long terme (études des enfants, apport pour un achat immobilier, préparation de la retraite) sont un peu moins nombreux qu’avant. 45% des épargnants citent désormais cette raison (plusieurs réponses étant possibles à cette question), contre 50% en 2020. Ces mouvements restent cependant relativement modérés, compte tenu de l'explosion de l'inflation et des taux d'intérêt au cours des dernières années.
Dans cette période d’incertitude, on le voit très nettement, "cash is king". Une écrasante majorité des épargnants ont privilégié les livrets défiscalisés sur lesquels ils peuvent récupérer rapidement leur argent en cas de besoin. En 2023, 81% des personnes détenant au moins un produit d'épargne ont privilégié les livrets réglementés (Livret A, LDDS, PEL, etc.).
Viennent ensuite, mais très loin derrière, les assurances vie (29%), les plans d'épargne action ou PEA (13%), les plans d'épargne retraite ou PER (10%) et les sociétés civiles de placement immobilier ou SCPI (3%).
C'est sur ces dernières, qui ont beaucoup souffert de la remontée des taux d'intérêt, que le mouvement est le plus spectaculaire, puis qu'ils étaient encore 12% des répondants à citer les SCPI un an plus tôt. Enfin, 6% des épargnants ont laissé leur argent dormir sur leur compte courant.
L'investissement responsable attire encore peu
Les Français se dirigent donc toujours en priorité vers les placements sans risque. Sans surprise, les femmes qui détiennent un produit d'épargne (75% d'entre elles) et les moins jeunes (73% des 35 ans et plus) privilégient davantage des produits sans risque même avec un faible rendement (pour une moyenne à 69%, qui tombe à 62% chez les hommes et à 54% chez les moins de 35 ans).
Par ailleurs, l’investissement responsable peine à se développer. Parmi ceux qui possèdent un produit d'épargne, seulement 9% d'entre eux privilégient des produits plus responsables pour l'environnement et la société (quel que soit leur rendement). Ce taux est néanmoins près de deux fois supérieur chez les moins de 35 ans (17%).
"L’investissement responsable reste minoritaire en France, entravé par un manque de connaissances des indicateurs comme les critères ESG, et un manque de confiance. Mais les jeunes générations montrent un plus grand intérêt pour ce type d’investissement", résume ainsi Altaprofits dans une présentation. "Ce manque d'information sur les produits d'investissement responsable et la crainte du greenwashing soulignent le besoin d'améliorer la transparence et l'éducation financière en termes d'investissement responsable", conclut-il. Comme toujours, la démocratisation d'un placement dépend de la confiance qu'on lui accorde.
*Méthodologie: Le "baromètre 2024 de l’épargne en France et en régions" a été réalisé par l'Ifop du 2 au 8 avril 2024, auprès d’un échantillon de 2.402 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, et constitué selon la méthode des quotas. Les interviews ont été réalisées par questionnaire auto-administré en ligne.