Calais: une enquête ouverte après des violences impliquant un automobiliste et des migrants

La balance d'une statue de la déesse de la Justice. - LOIC VENANCE
Le parquet de Boulogne-sur-Mer a ouvert une enquête après des dénonciations réciproques de violences entre un automobiliste et des migrants, qui auraient fait un blessé soudanais, disant avoir été percuté par une voiture mardi 3 juillet à Calais.
Le procureur de la République Guirec Le Bras a confirmé ce vendredi 5 juillet à l'AFP qu'"une enquête pour violence avec arme pour des dénonciations réciproques" a été confiée au commissariat de Calais.
"La présence de personnes au sol"
Selon le magistrat, mardi vers 22H20, les policiers sont appelés par un conducteur stationné devant un kebab, qui affirme "avoir été victime de violences" et dont la voiture aurait "été caillassée".
Les policiers se trouvent aussi en présence de "plusieurs migrants" et d'un "véhicule encastré dans le compteur électrique d'un domicile", selon Guirec Le Bras. Les policiers ne constatent pas "la présence de personnes au sol". Ce n'est qu'après qu'un homme, un migrant soudanais, affirme "avoir été blessé" par le véhicule, a précisé le procureur.
Le conducteur et le migrant ont déposé plainte, le conducteur pour "violences", le migrant pour "violences avec arme" par destination, a ajouté le magistrat. "L'enquête doit déterminer le déroulement des faits et les responsabilités de chacun", ajoute-t-il, soulignant disposer de "deux versions distinctes".
Une deuxième voiture évoquée
La plainte du migrant, accompagné par l'association Utopia 56, a été déposée jeudi soir. Dans cette plainte consultée par l'AFP, le migrant affirme avoir entendu le klaxon d'une voiture blanche, qui aurait foncé sur lui et quatre compatriotes sur un trottoir de Calais.
Il serait tombé après avoir été percuté au niveau des cuisses. Selon sa version, le groupe était visé par des personnes hostiles aux migrants
Quelques minutes plus tard trois voitures seraient arrivées vers le groupe. La voiture blanche aurait à nouveau tenté de les percuter, puis se serait ensuite encastrée dans le compteur électrique.
Le conducteur serait alors sorti avec une pelle, et une deuxième voiture aurait poursuivi trois d'entre eux. Le plaignant dit être parvenu à s'enfuir, mais un troisième véhicule avec "au moins cinq personnes" a poursuivi le groupe en faisant des embardées "sans doute pour (leur) faire peur", selon lui. Il reconnaît avoir jeté des cailloux pour "se défendre".
Mercredi l'association La Margelle - une maison d'accueil d'hommes seuls exilés -, avait rapporté à l'AFP des "faits d'agressions précédées d'une chasse à l'homme" à Calais visant "des personnes exilées".