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Eurofins: Muddy Waters persiste dans ses accusations

Muddy Waters enfonce le clou. Le démenti détaillé, publié ce mercredi matin par le groupe d'analyses Eurofins, n'a pas convaincu le fonds activiste qui maintient ses accusations et même en rajoute.

"Eurofins n'a tout simplement pas les standards pour être côté au CAC40", confie une source proche du dossier à BFM business. Ce mercredi soir, Muddy Waters persiste dans ses accusations, alors que ce matin, Eurofins avait répondu point par point au fonds activiste.

À commencer par un réel souci de gouvernance, avec trois administrateurs faisant partie de la famille et cinq autres dont l'indépendance pose question. Et c'est bien le principal reproche de Muddy Waters finalement, cette gouvernance problématique et le peu de transparence dont fait preuve Eurofins. Ce qui "passait" quand le groupe était encore une grosse PME n'est plus acceptable quand on rejoint les 39 plus grosses capitalisations boursières.

"Il se doit d'être irréprochable", ajoute cette source.

Cumulé à l'opacité des comptes et un modèle économique peu compréhensible, tout est réuni pour que le fonds activiste sorte de l'ombre.

Eurofins menace d'agir en justice

Des accusations jugées "trompeuses intentionnellement", réfute Eurofins Scientific dans un communiqué ce matin. Et qui s'apparentent à un simple rapport d'opinion d'après la direction. Le groupe a démenti point par point toutes les attaques du fonds activiste.

Des attaques qui ont fait plonger le cours de bourse la semaine dernière de plus de 16%. Il constate notamment que le rapport du fonds a été publié le premier jour de la période de blackout du groupe, période de silence pour les groupes côtés, celle qui précède la publication des résultats semestriels, prévue le 24 juillet prochain. Ce qui a compliqué sa défense.

L'entreprise n'a pas l'intention d'en rester là. Elle affirme qu'elle "communiquera de manière systématique sur toute zone de préoccupation potentielle soulevée par ses principaux investisseurs et rendra publics les résultats de ses investigations." Elle pourrait introduire des actions en justice pour défendre ses intérêts et "prévenir toute manipulation ultérieure du marché."

Muddy Waters publie le "tome 2"

Malgré le démenti en 13 points d'Eurofins, Muddy Waters persiste et signe. Trop d'opérations, notamment immobilières restent inexpliquées selon lui. Dans un nouveau rapport de 34 pages, il accuse même désormais le groupe d'un "chaos comptable", avec des créances noyées sous des centaines de milliers d'écritures comptables, le tout consolidé par une équipe basée en Inde. Il dénonce enfin une "balkanisation donnant à Eurofins de nombreux leviers pour créer des revenus et des dépenses fictifs" en référence à la fragmentation de la structure en petites entités.

"Le système a été très bien élaboré", nous confie un proche du dossier, à tel point "qu'il est presque impossible pour un commissaire aux comptes de tenter une analyse en profondeur". Muddy Waters juge qu'il y a beaucoup trop de zones d'ombre pour ce groupe dont le siège social est basé au Luxembourg. Sa contre-attaque l'a en tout cas laissé de marbre.

Hélène Cornet