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Évasion de Mohamed Amra: Eric Dupond-Moretti assure que "plusieurs centaines d'enquêteurs" restent mobilisés

Mohamed Amra s'est évadé le mardi 14 mai au péage d'Incarville dans l'Eure. Depuis un mois sa traque s'organise et le ministre de la Justice assure que "plusieurs centaines d'enquêteurs" sont toujours mobilisés.

Un mois après l'évasion de Mohamed Amra, la traque continue. "Plusieurs centaines d'enquêteurs et le parquet de Paris sont mobilisés" pour le retrouver, ainsi que les personnes qui l'ont aidé à s'échapper, a annoncé Éric Dupond-Moretti, ce jeudi 13 juin au micro de BFMTV.

L'attaque du fourgon pénitentiaire dans lequel se trouvait le détenu a causé la mort de deux agents pénitentiaires, le mardi 14 mai au péage d'Incarville dans l'Eure. Il est depuis toujours en fuite.

Un protocole pour renforcer la sécurité des agents

"Je pense que d'abord on le doit à la justice, aux familles et à l'administration pénitentiaire", indique Éric Dupond-Moretti. Le ministre de la justice a annoncé qu'un protocole pour renforcer la sécurité des agents pénitentiaires allait être signé dans l'après-midi.

Selon nos informations, celui qu'on appelle "la Mouche", passé par plusieurs cellules de prison, s'affranchissait de toutes les règles quand il était incarcéré. "Comment ils arrivent les téléphones en prison ? Par les familles, parfois à titre tout à fait exceptionnel grâce à de la corruption et par les airs si j'ose dire", relate le ministre de la Justice, qui rapporte avoir mis en place des brouilleurs.

Ajoutant : "Je pense qu'il n'est pas normal qu'on puisse en prison disposer d'un téléphone portable. je vais demander à ce qu'il y ait des poursuites systématiques, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. Je vais prendre des circulaires fermes."

Les fouilles de nouveau autorisées ?

"Ils ne sont pas, pour des raisons technologiques, efficaces à 100%", ajoute-t-il, affirmant vouloir "accélérer" sur le sujet. Autre sujet sur lequel le ministre veut modifier la législation, les fouilles, qui ne sont plus permises depuis 2009. "J'y travaille", indique-t-il. " Je veux que l'on revienne sur la question des fouilles, je veux qu'il y ait un traitement particulier pour ceux qui sont des narcotrafiquants."

Mohamed Amra, dont le casier judiciaire porte 13 mentions, est considéré justement comme un "narcotrafiquant d'envergure". Il se serait procuré de multiples téléphones portables pour continuer à gérer un trafic de drogue, au fil de ses détentions, entre les mois de mars 2016 à juin 2019, puis de janvier 2022 au 14 mai.

Neuf téléphones ont ainsi été saisis, entre les mois de janvier et mai 2023, dans sa cellule de la prison de La Santé à Paris.

Une notice rouge Interpol

Il était détenu depuis janvier 2022 à la maison d'arrêt d'Evreux en exécution de plusieurs peines, notamment pour extorsion et violence avec arme.

La traque s'organise aussi au-delà des frontières, avec une notice rouge émise par Interpol à la demande des autorités françaises pour localiser l'évadé au cas où ce dernier serait parvenu à quitter le pays.

Arthus Vaillant