L'Assurance maladie vise 1,56 milliard d'économies en 2025
Dépistages plus précoces, nouvelles prérogatives pour certains paramédicaux, maîtrise des prescriptions, lutte contre la fraude: dans un rapport que s'est procuré l'AFP jeudi, l'Assurance maladie livre 30 propositions pour freiner ses dépenses et économiser 1,56 milliard d'euros en 2025.
Le déficit de l'Assurance maladie s'est établi à 11,1 milliards d'euros en 2023 et devrait rester durablement supérieur à 10 milliards, observe-t-elle dans ce rapport qui sera publié la semaine prochaine et sert chaque année de contribution pour l'élaboration, par le gouvernement, du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS). En 2022, l'Assurance maladie avait remboursé 190,3 milliards d'euros à ses 68,7 millions d'assurés, dont 35% étaient traités pour une pathologie chronique (+7% depuis 2015).
Plus d'un milliard des économies envisagées s'appuient sur la nouvelle convention signée début juin avec les médecins libéraux, qui, en contrepartie de hausses de rémunérations, se sont fixé divers objectifs en matière d'accès et de "pertinence" des soins, pour réduire la prescription de médicaments, arrêts maladie, transports sanitaires ou d'actes d'imagerie et de biologie "inutiles".
Prescriptions des médecins non conventionnés
Concernant les arrêts de travail, la Sécu veut poursuivre ses opérations de contrôle, mais aussi mettre à disposition des médecins un service baptisé "SOS IJ" (indemnités journalières), pour les aider à gérer certaines situations "complexes". L'Assurance maladie propose par ailleurs d'arrêter de rembourser les prescriptions des médecins non conventionnés, même s'ils restent rares (575 généralistes et 215 spécialistes).
Recours systématique à la Carte vitale, diffusion d'un nouveau formulaire infalsifiable pour les arrêts maladie: elle anticipe 420 millions d'économies grâce à la lutte contre la fraude. Afin de lutter aussi contre le gaspillage, elle voudrait "limiter" la délivrance de pansements et produits nécessaires aux plaies à 7 jours de traitement, en autorisant les infirmiers à réadapter les prescriptions.
Pour améliorer le dépistage des cancers, le rapport préconise d'autoriser des personnels infirmiers dûment formés à réaliser des frottis du col utérin, de permettre aux infirmiers et sage-femmes de remettre les kits de dépistage du cancer colorectal et de déployer des "mammobus" (mammographie ambulante) dans tous les déserts médicaux.