Législatives: la CGT cheminots "exige" un gouvernement NFP et appelle à manifester le 18 juillet

Le drapeau CGT de la fédération des cheminots lors d'une manifestation contre le projet de réforme des retraites, le 19 janvier 2023 devant la Gare de Lyon, à Paris - STEPHANE DE SAKUTIN © 2019 AFP
Un coup de pression sur Emmanuel Macron? Alors que le président de la République n'a toujours pas appelé le Nouveau Front populaire, force arrivée en tête des élections législatives, à gouverner, la Fédération CGT des cheminots "appelle ses syndicats à organiser en lien avec les structures interprofessionnelles des rassemblements devant les préfectures et à Paris à proximité de l'Assemblée nationale".
Le syndicat appelle à la mobilisation "pour exiger la mise en place d'un gouvernement issu du Nouveau Front populaire".
"La CGT et ses organisations appellent solennellement Emmanuel Macron à respecter le résultat des urnes. Pas question de continuer sa politique économique et sociale violente. Le nouveau gouvernement doit être formé au plus vite autour du programme du Nouveau Front populaire", peut-on lire dans un communiqué publié ce mercredi 10 juillet.
Macron temporise, la gauche s'insurge
Si le NFP est devenu la force politique la plus importante à l'Assemblée nationale, l'union de la gauche n'a pas de majorité absolue. Dans une lettre aux Français, Emmanuel Macron a estimé que "personne ne l'a emporté" lors du second tour. Mais il faut "inventer une nouvelle culture politique" face à la coexistence inédite de trois blocs dans l'hémicycle: le Nouveau Front populaire, le bloc macroniste et le Rassemblement national, plaide le président de la République.
Il a ainsi demandé à l'ensemble des forces politiques de "bâtir une majorité solide" pour gouverner, un appel au "compromis" et à la poursuite du "front républicain" relayé par ses troupes en quête d'une large coalition au Parlement.
Cette prise de parole décisive intervient au moment où le camp présidentiel se démultiplie à l'Assemblée nationale pour dégager une majorité.
Les macronistes tentent ainsi de convaincre que le Nouveau Front populaire, arrivé en tête des législatives de dimanche avec 190 à 195 députés, et tout particulièrement La France insoumise, ne sont pas légitimes pour gouverner seuls. Dans sa lettre aux Fançais, Emmanuel Macron annonce qu'il "décidera de la nomination du Premier ministre" lorsque les partis auront "bâti" des "compromis".
Une déclaration fustigée par la gauche. Emmanuel Macron "refuse de reconnaître le résultat des urnes" et doit donc "s'incliner" et "appeler" le Nouveau Front populaire, a taclé Jean-Luc Mélenchon. "C'est le retour du droit de veto royal sur le suffrage universel (...) C'est le retour des intrigues de la IVe République", a-t-il ajouté.