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Législatives: plus de 900 professionnels de santé d'Auvergne Rhône-Alpes appellent à voter contre le RN

Dans une tribune, les signataires insistent notamment sur les risques de la suppression de l'AME et sur le rôle fondamental de leurs collègues de nationalité étrangère dans le monde hospitalier.

"Dimanche sept juillet, c'est en allant voter contre le RN que vous pourrez nous soutenir". Plus de 900 professionnels de santé de la région Auvergne Rhône-Alpes ont co-signé une tribune, intitulée "Nous professionnels de santé de la région Rhône-Alpes appelons à voter contre le RN", publiée sur le site de Mediapart ce mardi 2 juillet.

Ces derniers estiment que "la situation est grave" et affirment que "le projet du RN s'oppose totalement à nos valeurs de soignants et met en péril notre système de santé".

L'importance des soignants de nationalité étrangère

Pascal Sève, chef du service de médecine interne de l'hôpital de la Croix-Rousse, Anne-Evelyne Vallet, neurologue et cheffe de service à l'hôpital de Vienne ou encore Vincent Piriou, médecin et président de la commission médicale d'établissement (CME) des hospices civils de Lyon, font partie des soignants qui ont participé à cette démarche.

Selon les signataires, le programme du RN pourrait "aggraver la situation en réduisant les droits des étrangers", y compris pour de nombreux professionnels de santé qui travaillent actuellement dans des centres de soin français.

"Sans eux, de nombreux services fermeraient ; sans eux, l'accès aux soins de nos compatriotes, en ville comme à l'hôpital, serait encore plus compromis", est-il notamment écrit.

Parmi les mesures envisagées par le Rassemblement National, la suppression de l'AME apparaît comme "contraire au serment d'Hippocrate" selon les professionnels de santé. Ces derniers assurent que cette réforme serait "dangereuse pour la santé de tous", à travers la propagation des maladies contagieuses, mais aussi "contre-productive sur le plan économique".

"La santé de toutes et tous passe par le soin de toutes et tous"

"Il est parfaitement établi que l’amélioration de l’accès au soin des personnes fragiles et vulnérables réduit l’ensemble des dépenses de santé. La santé de toutes et tous passe par le soin de toutes et tous" poursuivent les signataires, qui avancent ainsi des raisons "éthiques", mais aussi "médicales, scientifiques et économiques".

"Il y aura toujours des femmes et des hommes qui viendront en France pour fuir les guerres au péril de leur vie et de celle de leurs enfants. Devrions nous les laisser mourir aux portes de nos hôpitaux lorsqu'elles tomberaient malades?", se questionnent-ils.

Fin juin, 3.600 professionnels de santé, dont Karine Lacombe, cheffe de service hospitalier des maladies infectieuses à l’hôpital Saint-Antoine de Paris, appelaient eux aussi à "faire barrage contre l'extrême droite" en votant pour le Nouveau Front populaire.

Depuis la dissolution de l'Assemblée nationale le 9 juin dernier, de nombreuses personnalités de la société civile se sont engagées contre le Rassemblement National, notamment dans le domaine de la culture et du sport.

Mathias Fleury