Pétain "sauveur" des Juifs et "caprices" des LGBT: Zemmour devant la justice pour deux affaires

Le président de Reconquête Eric Zemmour le 15 octobre 2022 lors d'un rassemblement à Paris. - BERTRAND GUAY © 2019 AFP
Ce n'est pas un, mais deux rendez-vous avec la justice qui figurent à l'agenda d'Eric Zemmour ce mardi. En 2019, des propos du polémiste avaient entraîné deux actions en justice: l'une pour avoir déclaré que le maréchal Pétain avait "sauvé" des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale, et l'autre pour avoir tenus des propos diffamatoires contre la communauté LGBT.
Des propos "à brûle-pourpoint"
Le 14 octobre 2019, Eric Zemmour et Bernard-Henri Lévy avaient débattu dans l'émission Face à l'info sur CNews. "Un jour (...) vous avez osé dire que Pétain avait sauvé les juifs français. C'est une monstruosité, c'est du révisionnisme", s'était indigné BHL. "C'est encore une fois le réel, je suis désolé", lui avait répondu le polémiste.
"BHL" faisait référence à un passage du livre de l'ancien candidat à la présidentielle, Le suicide français. Dans son essai, le polémiste estimait que si la déportation avait moins touché les Juifs de nationalité française que les Juifs de nationalité étrangère résidant en France, c'était du fait du maréchal Pétain, chef du régime de Vichy.
Lors de son procès en première instance, en février 2021, Eric Zemmour avait nié toute contestation de crime contre l'humanité, estimant que le débat sur le rôle de Vichy envers les citoyens juifs français devait être tranché par les historiens et non par la justice. Le tribunal l'avait relaxé, estimant que les propos avaient été prononcés "à brûle-pourpoint lors d'un débat sur la guerre en Syrie". Néanmoins, la cour avait retenu que ses mots contenaient "la négation de la participation (de Pétain) à la politique d'extermination des Juifs menée par le régime nazi". Le parquet avait fait appel.
Un an plus tard, en mai 2022, Eric Zemmour, jugé en appel pour "contestation de crime contre l'humanité", avait été une nouvelle fois relaxé.
"La cour constate que les propos de M. Eric Zemmour peuvent heurter les familles de déportés, n'ont pas pour objet de contester ou de minorer, fût-ce de manière marginale, le nombre de victimes de la déportation ou la politique d'extermination dans les camps de concentration", avaient justifié les juges.
"La cour relève que si, par arrêt du 23 avril 1945 la Haute Cour de justice a reconnu le maréchal Pétail coupable d'attentats contre la sûreté intérieure de l'Etat et d'avoir entretenu des intelligences avec l'ennemi en vue de favoriser ses entreprises en corrélation avec les siennes, celui-ci n'a pas été poursuivi pour un ou plusieurs crimes contre l'humanité", avait également ajouté la cour d'appel de Paris. Mais les parties civiles, qui ont une toute autre lecture des déclarations du polémiste, avaient annoncé un pourvoi en cassation.
Ce mardi, c'est donc la Cour de cassation qui doit se prononcer sur les propos d'Eric Zemmour.
"Des caprices d’une petite minorité"
Ce mardi, le polémiste sera également jugé par le tribunal correctionnel de Paris pour des propos tenus le lendemain, le 15 octobre 2019, sur les féministes et la communauté LGBT.
"La rencontre du mouvement féministe et du mouvement LGBT fait qu’avec la force des mythes de ces minorités, avec leurs relations dans les médias, dans la justice, au sein de l’appareil d’État, ils ont asservi l’appareil d’État à leur idéologie et donc à leurs caprices", avait déclaré Eric Zemmour sur le plateau de CNews.
"On a des caprices d’une petite minorité qui tient la main sur l’État et qui l’asservit à son profit et qui va d’abord désagréger la société parce qu’on va avoir des enfants sans père et je viens de vous dire que c’est une catastrophe et deuxièmement qui va faire payer ses caprices par tous les autres Français", avait-il poursuivi.
L'association Stop Homophobie avait déposé plainte pour diffamation aggravée. Le directeur général de CNews, Serge Nedjar, sera lui aussi jugé, comme il est d’usage en droit de la presse pour les directeurs de publication.