Prison de Fleury-Mérogis: une enquête ouverte pour violences par des surveillantes sur une femme transgenre

Une cour de la prison de Fleury-Mérogis, vue depuis l'Unité pour détenus violents, le 21 juin 2023 dans l'Essonne - Geoffroy VAN DER HASSELT © 2019 AFP
Des surveillantes du quartier des femmes de la prison de Fleury-Mérogis (Essonne) sont visées par une enquête préliminaire pour violences et injures publiques aggravées contre une détenue transgenre, a indiqué ce vendredi 28 juin le parquet d'Evry à l'AFP.
Cette femme trans brésilienne âgée de 37 ans est en détention provisoire depuis janvier dans le cadre d'une enquête sur un trafic de stupéfiants et d'association de malfaiteurs.
La détenue frappée et insultée
Entendue début juin par la brigade de gendarmerie d'Evry-Courcouronnes, elle a porté plainte en dénonçant une agression le 25 mai. L'enquête a été ouverte le 27 mai dès réception du signalement, a précisé le parquet.
Selon une source proche du dossier, la scène s'est déroulée après une promenade, au moment de réintégrer les cellules.
Elle implique trois surveillantes qui auraient plaqué la détenue contre un mur, lui auraient tiré les cheveux, écrasé la cheville et l'auraient frappée au-dessus de l'oreille tout en lui répétant qu'elle était un homme.
D'autres gardiennes auraient bloqué l'entrée de la cellule pour guetter l'arrivée du chef du service.
La détenue affirme avoir fait une radio de la cheville au lendemain de l'agression et s'être fait prescrire une attelle et des béquilles.
Elle se dit victime depuis le début de son incarcération
Elle ajoute ne plus dormir et prendre des médicaments depuis les faits dénoncés.Cette femme trans assure avoir été victime d'insultes et de moqueries transphobes dès son incarcération à Fleury-Mérogis.
Mais selon une autre source proche du dossier, les violences dénoncées se résument à une gifle, et aucun des éléments dont l'administration pénitentiaire dispose n'indique un comportement transphobe de la part des surveillantes. Contacté par l'AFP, son avocat, Me Simon Olivennes, n'a pas souhaité commenter.
En 2023, 2.870 crimes ou délits (agressions, menaces, harcèlement...) contre les lesbiennes, gay, bi et trans ont été recensés, un bond de 19% par rapport à 2022, année déjà marquée par une hausse de 13%, selon une étude du service statistique du ministère de l'Intérieur publiée mi-mai.